A
physionomie générale des côtes de l’Afrique
septentrionale, depuis le détroit de Gibraltar jusqu’au
cap Blanc de Bizerte et au cap Bon de Tunis, où se forme
le bassin occidental de la Méditerranée, et où
commence la grande échancrure des Syrtes, est assez uniforme:
les derniers mamelons de l’Atlas y finissent en nombreux
promontoires, séparés par des baies peu profondes.
La terre n’a point de saillies très considérables
dans la mer; la mer ne découpe pas largement la terre,
et les fleuves y sont trop faibles pour s’ouvrir de vastes
embouchures.
Tel est l’aspect des côtes : leur étendue,
depuis Tabarque, vers l’est, jusqu’à Miliana,
vers l’ouest, présente un développement
de 250 lieues de 25 au degré. Les ports qu’on trouve
sur cette côte sont nombreux, mais peu considérables,
comme il arrive partout où les vallées sont courtes
et encaissées. Les golfes de Bougie, de Koll ou Collo,
de Stora, de Bône, d’Arzeu, d’Areschgoun (Rashgoum),
offrent à la navigation d’excellents abris, des
rades sûres et spacieuses; mais le meilleur de tous les
mouillages est sans contredit celui d’Oran, appelé
par les Latins Portus Magnus, et par les Arabes Mers El-Kébir,
ou le grand port. A Alger, position militaire et maritime la
plus décisive de toute la côte, la nature a été
moins généreuse, et il faudra exécuter,
comme nous le verrons plus tard, de grands travaux pour donner
à son port toute l’étendue que réclame
la destination de cette place. Maintenant que nous connaissons
le littoral, pénétrons dans l’intérieur
des terres ; et tout d’abord reconnaissons l’immense
chaîne de montagnes qui constitue le caractère
principal de cette contrée.
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